vendredi 26 février 2010
Bruce Wagner « Toujours L.A » (Editions Sonatine, et en poche chez Point Seuil Policier) Un roman qui raconte ce qu’Hollywood a fait du, et au, conte de fée ! Je pourrais arrêter cette chronique ici et vous laisser imaginer ce qu’est ce livre. Car si il ne faut pas se fier aux apparences, il ne faut pas trop en révéler non plus. Enfin, je vais quand même vous guider un peu pour vous donner envie de lire ce bon roman. Oubliez la phrase de Brett Easton Ellis mise en exergue, et la préface de James Ellroy (tout le monde à des impôts à payer), et attaquer ce livre sans a priori. Car si Bruce Wagner moque la tendance au tout marketing du Hollywood actuel, ses éditeurs savent faire marcher l’affaire. L’auteur (qui est également scénariste pour le cinéma et la télé, un insider donc) montre l’importance du bouddhisme dans le marigot de l’industrie du divertissement américain actuellement. Ce qui pourrait ressembler à une ‘mafia de la bonne action’. En lisant ce vif et parfois drôle roman, je n’ai pas réussis à déterminer si la dénonciation des clichés bouddhistes devenus un refuge pour des petits blancs souffrant d’insécurité émotive, était due de la part de Bruce Wagner à un désir de moquer se salmigondi de philosophies prédigérées, croyances et rituels exotiques que la plupart des adeptes semblent pratiquer comme une pensée magique. Ou s’il est un de ses inquisiteurs qui pensent détenir la VRAIE croix et voient des hérétiques chez tous les autres, tant ses connaissances sur les différentes voies du bouddhisme sont vastes. Mais peut-être cela est-il dû à un excellent travail de recherche qui à en plus le bon goût de ne pas être un parasite dans la narration ! Car se roman aurait pu se perdre dans un mic-mac de pensée para religieuse, mais ça n’est même pas le cas. De la même façon l’entremêlement des différentes vies, des différents personnages qui vivent à Hollywood dans des univers qui ne sont pas sensés se rencontrer, en bordure les uns des autres mais qui parfois se croisent plus ou moins brièvement. Cette construction qui fait indéniablement penser à « Short Cuts » (le film de Robert Altman) est judicieusement agencé, pas lourde, ni artificielle. Si ce roman est à charge contre l’usine à rêve. Ça n’est pas celle d’un éléphant ! Mais celle d’un amoureux dépité, pas amer et qui semble encore avoir un peu de flamme pour sa dulcinée. http://www.sonatine-editions.fr/Tou... Bertrand Tappaz
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