mardi 17 août 2010
MALONE « s/t » (CD, Midnight Gong / Vegas Prod) Comme le laisse penser leur adresse : http://www.myspace.com/malone_speedrock ça avoine, ça savate, ça tatane sévère. Une bonne dose de Heavy, une de Punk, une de Hard Core Us première vague, du gros Australian Sound. Voilà le croisement que pratique Malone. Sans toute fois que se soit trop speed (même sil y a une connexion Zeke dans leur musique)… les chansons sont courtes et percutantes, mais plutôt massives et compactes qu’en permanence à burne. Et avec ce qu’il faut de mélodies pour les rendre intéressantes. Malone s’amuse avec les clichés inhérent au style : « 666 times Lucifer » pour citer un titre emblématique de cet album…
Un album bien compact qu’on prend en pleine face comme il faut ! Avec en plus un hit : « Manitoba », juste un truc qui vous marque dès la première écoute et qui fait secouer la tête ensuite à chaque fois !
Jeudi 30 Septembre : Malone (Speed Rock) + Ta Gueule (Rock Punk), à l’Assommoir, à Saint Etienne http://www.myspace.com/malone_speedrock http://www.myspace.com/lassommoirpub
********** BLACK COFFEE & CHERRY PIE « Nights at the mono » (Autoproduction)
Étrange nom pour ce projet solo qui est trop bon pour qu’on croie réellement qu’il est drivé par un grenoblois. Je suis assez vert parce que ça fait plusieurs semaines que je cherche à bien cerner et définir cette musique, et la meilleure chose que j’ai trouvé pour le faire vient du son site : « a fusion of down tempo, instrumental, electronic rock that could equally softly kick for the dancefloor and divert headphone listeners ». Si vous n’êtes pas réfractaire à Air, ni à Portishead (mais dans une version 2010) alors il vous faut au moins écouter (et vu la musique pratiquée, il faudra écouter attentivement pour plonger dedans et se laisser submerger) ce premier album de Black Coffee & Cherry Pie. A télécharger gratuitement, dans la mesure où la version CD ne sera bientôt plus disponible : http://blackccpie.bandcamp.com/.
Merde j’adore ce nom (j’suis vert, encore) et en plus ce disque va bien avec ce nom. Effectivement c’est doux et sucré un peu amer aussi (mais c’est comme ça que j’aime mon café), fort juste ce qu’il faut, et agréable comme de siroter un café accompagné d’une pâtisserie à une terrasse le matin au soleil levant…
Le nouvel album est en cours de finalisation, et on l’attend avec intérêt cet automne…
http://www.myspace.com/blackcoffeea...
*********** WORMROT « Abuse » (Earache Rds)
Le premier titre démarre pendant quelques secondes (et quand vous saurez que la durée de cette ‘chanson’ est d’une minute) comme du Black / Death. Mais très vite (je vous avais dis) on passe à du GRIND. Et du bon.
Rapide mais pas ultra arraché, un peu (très peu) de Hard Core, un peu (très peu) de Metal. Vraiment du GRIND de GRIND. Avec 3 / 4 trouvailles terribles sur la batterie tout au long de ces 23 titres (en 22 mn). Du GRIND je vous dis ! Et que se sois sur les titres (je ne me vois pas écrire ‘chansons’ dans ce cadre là) de 7 secondes, ou ceux de 2mn 14 (quasi du progressif) il y a toujours du bon à prendre (en pleine tronche) sur ce disque de Wormrot. Et dire que ça n’est que leur premier album. Même si comme tout groupe de GRIND qui se respecte ils ont déjà publié foultitude de 7’’, K7, split et autres titres sur des compils…
A écouter après avoir renversé accidentellement du thon sauce tomate sur votre moquette blanche… un jour où vous avez la HAINE quoi. Parce que les Wormrot n’ont pas trop l’air de se marrer (en même temps Singapour si tu n’es pas un touriste archi friqué ça n’a pas l’air jojo). Je ne comprends pas les paroles, mais je suis sûr que le morceau ‘Indonesia’ ne doit pas être recommandé par l’office du tourisme local !
Les deux voix apportent beaucoup, même si pour les non initiés Wormrot c’est juste du bruit joué vite & fort et braillé. Du GRIND quoi ! Earache Records avec cet album (qui se clôture sur le titre ‘Scum infestation and last song’, il n’y a pas de hasard) revient à ses premiers amours avec efficacité.
Pour résumer et citer (ou presque) une amie : « Wormrot ça défonce ! » Et je pasticherai un de leur fan qui à créer un T shirt ‘In GRIND we ROT’. J’adore.
http://www.myspace.com/wormrotgrind
*********** BUGGIRL « Dirt in the sky » (Impedance Rds) Un frère à la batterie, la soeur à la guitare et au chant. Des australiens, avec un son précis, sulfureux, catchy mais brutalement R’n’R. Sur ces 12 chansons il y a quelques perles qui rentrent dans la tête et vous font taper du pied, dodeliner de la tête et siffler sous la douche (voir vous trémousser devant la glace avec une guitare imaginaire en chantant à tue tête).
La voix éraillée de la demoiselle et juste ce qui faut à ce Rock simple et massif, qui doit autant au Pub Rock qu’aux Muffs, à Mötörhead qu’au Garage Punk lignée New Bomb Turks.
Les chansons sont simples et efficace mais font les tâches qu’il faut sur votre T Shirt… Pour moi c’est juste la bonne décharge d’adrénaline et de grandes chansons de Rock que j’aime avoir !!! BugGIRL c’est fort et frais comme on aime ! Et avec ce 3ème album ils/elles mettent une bonne baffe dans vos neurones.
Mercredi 25 Août : BugGIRL (Garage High Energy), à l’Enthropy, à Marseille
Jeudi 26 Août : BugGIRL (Garage High Energy), Le Tapas, à Nice http://www.myspace.com/thebuggers
********** Barricata n°21, été 2010 (2.5 euros + port, 76 pages A4, imprimées)
Sous cette magnifique couverture, se trouve une fois de plus un bon numéro de Barricata dont le thème principal est : les femmes / le féminisme. Avec dans le dossier : un point sur les luttes dans les crèches de l’enseigne People & Baby, une analyse du questionnaire que Barricata avait concocté sur le thème des luttes des femmes et qu’ils/elles avaient mis à dispo des gens de leur réseau afin d’avoir un avis sur l’état de l’analyse de ces luttes au quotidien au sein du milieu militant (ce dépouillement de plus d’une centaine de réponses et vraiment intéressant à lire), une interview de la réalisatrice de documentaires Sharon Woodward, un article sur les ‘communeuses’, une interview de la journaliste (spécialisé dans les questions féminine) Martine Storti, une interview d’une animatrice d’un centre du planning familial (notamment sur les menaces actuelles concernant son financement), un long (8 pages) et passionnant papier sur les ‘Mujeres Libres’ le mouvement féministe durant la guerre civile espagnole, un papier sur les violences sexuelles faites aux femmes… 31 pages complètes et variées. Le reste du sommaire parle de la manipulation des médias par les groupuscules qui se réclament du bloc identitaire en plein ‘débat’ (un mot sûrement trop large pour une chose aussi insignifiante) sur l’identité nationale. Un article qui se demande si on peut critiquer Israël. Une interview d’un des membres du comité de lutte de Continental Clairoix (qui à obtenu la satisfaction de ses revendications, c’est toujours bien de rappeler que souvent les luttes aboutissent).Des interviews des groupes : Les Skalopes, Joke, The Midnight Rovers, Strike Anywhere, Stratégie de Paix (rap conscient), Napalm Death, un article sur la drogue. Un sur la vie d’Erich Muhsam (un des premier opposant aux nazies en Allemagne). Sans oublier des chroniques de disques, de livres, BD…
Pas mal de thèmes traditionnels pour une revue libertaire, le plus souvent très bien traité (même si à mon goût les interviews sont trop courtes) qui nourrit la réflection et donne des pistes de recherche et d’information. Comme toutes les revues militantes Barricata ne vie que grâce à votre soutient ! Abonnement : 10 euros (ou plus) pour 3 numéros port compris, en cash, chèque à l’ordre de Barricata, ou paypal sur leur site : http://contre.propagande.org ou par courrier à : BARRICATA / RASH Paris-Banlieue c/o CRASH Disques 21 ter, rue Voltaire 75011 Paris ********** Charles Willeford « Une seconde chance pour les morts » (Rivages / Noir)
Comme je suis un gros fan des Flaming Stars et que j’aime particulièrement la chanson ‘New Hope For The Dead’ quand j’ai vu le titre de ce livre je l’ai acheté (au passage sachez que leur chanteur Max Decharne http://www.myspace.com/maxdecharne vient de publier « A Rocket In My Pocket- the hipster’s guide to Rockabilly Music’, et ce après avoir écrit sur le film Noir). Et ça c’était une bonne inspiration.
Car voici un roman noir très fin qui sort des ‘trucs’ habituels. Nous sommes en 1985, à Miami (mais aussi à l’opposé qu’il est possible de Miami Vice ou des Experts Miami) au moment ou les petits blancs commencent à prendre conscience qu’ils sont devenu une minorité depuis longtemps mais que leur autorité qui perdurait est en train de se fissurer grandement.
L’histoire d’un flic largement quadragénaire, wasp, divorcé, qui fait équipe avec une jeune trentenaire, fille d’émigrés cubains. Deux solitudes uniquement dédiée au boulot. La vie et le travail d’un inspecteur du bas de l’échelle, qui doit se ‘débrouiller’ avec des expédients pour boucler son mois et payer la pension alimentaire de sa femme et de ses deux filles. Tout ceci sans jamais tomber dans l’illégalité. Des économies de 25 cents, au quotidien, pour survivre. Un roman qui montre bien à quel point quand on surnage juste au dessus de la limite des working poor chaque événement est potentiellement une catastrophe, comme un problème dentaire.
Loin de ce qu’on trouve habituellement dans un roman noir (là les enquêtes sont réellement secondaires), mais remplit des moments inattendus. Charles Willeford ne tombe pas dans les facilités où sont histoire pourrait l’entraîner. Une œuvre succulente, sans gras. Juste une histoire d’homme et de femme, vu à la bonne hauteur : LA LEUR !
La bonne nouvelle pour moi c’est qu’il y a plein de romans de Charles Willeford à découvrir chez Rivages / Noir.
http://www.payot-rivages.net/livre_...
Bertrand Tappaz