samedi 3 septembre 2011
FIFTYNINERS Psychorama CD, Twelve Records
Premier véritable album pour ce trio italien, après une démo en 2005 puis un 10’’ en 2007. Et quelle réussite ! Venant du Rockabilly les Fiftyniners (avec un nom aussi cliché, quoi d’autre ?) amène le style vers autre chose. Un côté ‘à la Tom Waits’ (période Black Rider), un peu d’Indie moderniste, mais rassurez-vous presque rien, enfin sûrement trop pour ne pas faire grincer des dents aux puristes, ce qui pour moi est toujours un bon signe. D’une grande richesse musicale (ils sont capable de mettre du banjo par-dessus une slide boogie dans le même chansons), avec un très gros travail au niveau des voix : chœurs, contre point… Instrumentaux, chanson en italien (un titre très ‘arrabiati’), on ne s’ennuie jamais, et cet album de 13 morceaux n’a AUCUN temps faible tant il est plein de superbes chansons. http://www.thefiftyniners.net [BT]
HILLBILLY MOON EXPLOSION Buy beg or steal CD, The Freed
Ce groupe italien à deux visages : un ‘aseptisé’ quasi commercial (mais très bien fait) sur les titres interprétés par la chanteuse. Qui a d’ailleurs on jolie voix et un jolie minois. Dans un monde parfait leur cover de cette vieille scie qu’est ‘Broken heart’ (dont ils tentent heureusement de tirer une version différente de l’originale, bien qu’à mon avis on soit toujours vampirisé par une chanson de cet acabit), ou celle de ‘Enola gay’ seraient sur toutes les radios. Même si ce disque bénéficie d’une grosse distribution (je l’ai vu à la Fnac) pas sûr que les Hillbilly Moon Explosion trouvent son audience, trop mainstream pour nous les fans de Rock, et pas assez catchy pour le grand public. L’autre visage est plus Rockabilly avec le chant du contrebassiste. Mais bien sûr la demoiselle se taille la part du lion. Un album très clean, mélancolique, arrangé et beau. Avec de superbe moment comme cette chanson Swing 40’s en italien. Un poil trop propre pour moi, mais très bon. http://www.hillbillymoon.com/ [BT]
MASHROOMS S/T LP et digital, Wild Love Records Post Math Rock avec des passages par la Pop non-populaire. Utilisant violon, violoncelle et piano en plus d’une instrumentation Rock traditionnelle, qui gonfle la musique et les arrangements pour donner plus de souffle et de profondeur. Ce qui ne se fait pas sans une inutile prétention, notamment perceptible à travers des extraits de films ou des textes lus qui enrichissent (ou surcharge) encore cette ‘œuvre’, eh oui Godard ça en jette, mais peut-être est-ce un peu Too Much dans cet ensemble. Malgré tout Mashrooms arrive à assembler tous ces éléments disparates de façon judicieuse, cohérente et pas trop artificielle (ce que j’avais craint dans un premier temps), le tout aboutit à un album qui reste finalement dans une obédience Post Indie actuelle assez typique de nos années 10. Les titres sont parfois longs mais jamais trop. On pense par moment à de l’illustration sonore pour le cinéma. Le son vaste est respirant, change très agréablement des trucs ultra compressé qui sont commun à cette époque. Un disque pompier, souvent passionnant, rarement gonflant et qui nous sort du tout venant. http://www.mashrooms.net/ [BT]
VICIOUS KLUB You sound so bitter CD, Autoproduction Moderniser les Clash ou les Jam à coup de Pop/Rock actuel. Avec des chansons (comme moi) très anglophiles qui rappellent aussi Costello, les debuts de Blur et les Buzzcocks. De belles références, et de belles idées dans chaque titre, et même trop, ce qui dans un premier temps agace un peu avec ce premier album (d’autant que j’adorai le démo, qui était plus directe). Mais au final cette richesse et cette ambition dans les chansons se révèle un avantage car chaque écoute réserve une bonne surprise, et la musique garde son intérêt, voir celui-ci se renouvel. Même si à mon avis sur le prochain remettre des chansons qui vont droit au but parmi des choses plus ‘ouvragées’ serait une bonne chose. Pas l’album de l’année, pas non plus celui que je recommanderai le moins… Un bon cru, par un bon groupe. http://www.viciousklub.bigcartel.com/ http://www.myspace.com/viciousklub [BT]
HAIGHT ASHBURY Here in the golden rays CD, Lime Rds Des chansons comme des mini symphonies à la Phil Spector, une sorte de brillant salmigondi de Shoegaze ‘léger’, avec des voix qui font très Blonde Pop (à la Darling Bubs) et dont les inspirations remontent jusqu’aux Mama’s & Papa’s / Carter Family. Plus une grosse touche late 60’s ambitieuses et malades façon ‘Pet Sound’, ou Velvet Underground. Cette tambouille qui sort de nulle part est jubilatoire et RARE. Même si comme la chantilly ça peut s’avérer légèrement écoeurant à haute dose. Car honnêtement il y 2 titres de trop pour que ce disque soit PARFAIT. Mais son irréelle beauté (un peu niaise comme sur la BO de ‘O’Brothers’) peu allé jusqu’à faire mal, on est capté par des chansons qui sont de vrais tubes (quand vous aurez écouté ‘Freeman town’ leur 1er single vous partagerez mon avis). Même si nous serons seul à les jouer en boucle. http://www.myspace.com/haightashburyuk http://www.limerecords.com/ [BT]
BIG’N Spare the horse 10’’, Africantape Records La compilation sortie l’année dernière m’avait fait découvrir et rattraper mon retard cernant Big’N. Pourtant dans le milieu des 90’s de la Noise de Chicago j’en ai bouffé, mais j’étai totalement passé à côté d’eux. Nous voici avec 4 nouveaux titres de Big’N. Est-ce que cette musique à encore de la pertinence et de l’intérêt de nos jours ? Eh bien moi je dirai : OUI ! Tant cette musique à infusée dans tout un tas de courants actuels (du Math Rock au Post Metal… tout le monde y a piqué un truc au l’autre). Mais ce qui compte le plus c’est que là on à 4 compositions denses, puissantes et compactes qui vous arrivent d’un bloc dans la gueule. Big’N étant l’archétype de ce que cette musique devrait toujours être. Si vous aimez encore Shellac et Jesus Lizard vous allez vous régaler avec ce « Spare the horse ». Sinon il vous amènera à replonger dans tous ces disques. http://www.africantape.com/ http://www.myspace.com/bignchicagonoise [BT]
JIM HARRISON Une odyssée américaine J’Ai Lu, 281 pages, 6.70 euros C’est mon premier Harrison. Je sais j’aurai mis le temps… Mais jusque là le côté chasse pèche, nature et… alcool m’avais toujours refroidis. Mais maintenant je sais pourquoi on parle tellement de lui : parce que c’est super bien. Simple. Franc. Lucide. Agréable. Et cependant, profond. Le personnage central subit quelques avanies : après 40 ans de mariage sa femme le quitte pour son flirt de lycée, sa ferme est vendue et sa chienne meurt. Comme plus rien ne le retient il part à travers les Etats-Unis dans sa vieille bagnole avec l’idée de visiter tous les états pour renommer ceux qui en ont besoin, et aussi, les espèces d’oiseaux américains. Bref l’histoire d’un gars qui sur son début de vieillesse se demande si la vie ne pourrait pas juste être l’addition de jolis moments simples. Mais bon, comme il a lut plein de livres il se pose trop de questions. Je me suis senti quelques affinités avec ce personnage, sûrement parce qu’en ce moment j’ai assez envie de partir (mais qui ne la ressent pas ?). Etant vierge par rapport à ces autres romans je ressent un petit côté ‘en roue libre’ dans ce Harrison, mais ça s’adapte parfaitement au sujet. Et il y a là une jubilation à trouver de bonnes formules pour être signifiant en peu de mots. Et parfois à trouver un BON mot. Un roman attachant que j’ai fini à regret tellement je m’y suis sentis bien. J’ai été triste en lisant son épilogue comme quand je dois quitter un ami. [BT]
François KERSAUDY Winston Churchill Editions Tallandier (564p + les annexes, 23 euros)
Au moment où les éditions Tallandier édite une nouvelle traduction des ‘Mémoires de guerre’ de tonton Winston, on republie cette biographie. Hagiographie serait plus près de la réalité. L’auteur à quelques formules dont il est très fier, il s’en gargarise, et nous les ressert encore et encore. Je n’avais pas lu de bio depuis deux décennies (*), mais celle-ci ne donne pas envie de me pencher sur cette passion actuelle des librairies. Je ne voudrais pas tirer de conclusion hâtive à partir d’un seul exemple, mais comme ce livre à obtenu en 2001 le Grand Prix d’Histoire de la Société des Gens de Lettres il est manifestement représentatif de ‘ce qui se fait’. Je ne pense jamais que ‘c’était mieux avant’ (notre mémoire est sélective, et nous étions plus jeunes), mais franchement cette bio m’a déçue. Souvent léger, dans tous les sens du terme, Kersaudy ne rend pas justice à son sujet. Et manque de modestie. En effet un personnage aussi ‘bigger than life’ que Winston Churchill n’à pas besoin qu’un biographe lui passe de la pommade posthume. Comme tous ceux qui ont exercés une fonction de haut gouvernement il a fait des choix terribles qui ont eut des conséquences désastreuses pour ses contemporains. Churchill a exercés durant les deux conflits mondiaux donc ses mains sont rouges. Mais peut-on faire autrement pour gagner une guerre ? De là à passer sur son rôle dans un crime de guerre comme le bombardement de Dresde (**) en une simple toute petite phrase comme dans ce bouquin… Je ne crois pas que le personnage ait besoin de ça. L’homme est fait de parts d’ombres et les balayer sous le tapis c’est forcément raté son sujet ! Ça se lit vite (mais c’est un défaut pour moi) et bien. Mais bon… Ceci est une biographie grand public sans plus d’intérêt que cela.
(*) À l’exception très notable exception de « Ces extravagantes soeurs Mitford : Une famille dans la tourmente de l’Histoire » (eh oui encore mon anglophilie galopante), chez J’Ai Lu. Par Annick Le Floc’hmoan un écrivain qui ne se pense pas plus important que son sujet. (**) Je sais que le bombardement de Dresde est utilisé par les néo nazis pour la justification d’à peut près tout. Il n’empêche c’était un crime de guerre dont se sont rendu coupable le bomber command et les différents chefs qui l’ont approuvés. [BT]